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Thématique ‘jazz’

Brassens et le jazz !

Par Didier Agid, le Jeudi 6 octobre 2011            1 Commentaire            Partager sur: Tweet cette article !
Thématiques: jazz, Le coffret Universal, musique,

Ça l’agaçait, Brassens, qu’on lui donne du poète en méprisant sa musique. Jusqu’à déclarer : « ceux qui disent que mes musiques sont toujours les mêmes ou que mes musiques sont inexistantes sont des connards ! ».

Brel aimait faire remarquer malicieusement que si Sidney Bechet avait joué La cane de Jeanne, ce n’était sûrement pas pour les paroles. Et Brel n’aura pas entendu Lionel Hampton jouer Brassens. Des musiciens classiques aux rappeurs, tous rendent hommage à ces quelque 200 mélodies, toutes originales.

Alors pourquoi la stupide légende de Brassens musicien médiocre a t’elle la vie si dure ? C’est que Brassens a tout fait pour que sa musique soit discrète, « en dessous », comme une musique de film. La musique de Brassens a la noblesse et la richesse à la fois du jazz et des traditions populaires.

La parenté de Brassens avec le jazz (et musiques apparentées), qu’il écoutait beaucoup, est évidente. Car Brassens swingue. Pas seulement dans les mélodies « jazzy » comme Les copains d’abord ou Le vint-deux septembre. Vous verrez que sur les versions remasterisées, avec la guitare de Favreau ajoutée, « it swings » ! (« cela balance » en anglais)

L’analyse harmonique de l’écriture de Brassens montre aussi comme il est proche du jazz. Le jazz utilise les blue notes (sur la gamme de Do majeur : Mib, Lab, Sib). Lui aussi. Le jazz tend à confondre les modes majeurs et mineurs. Lui aussi. Le jazz n’est pas une musique entièrement écrite. Une chanson de Brassens ne l’est, par lui, pas du tout (ne vous fiez pas trop aux partitions, écoutez ou regardez les vidéos). La contrebasse et surtout la seconde guitare improvisent beaucoup. (dans La supplique du CD 18 de votre futur coffret, 1’12 » après le début, Favreau « cite » Les copains d’abord).

Les versions de base de toute l’œuvre de Brassens sont enregistrées avec deux ou trois instruments, (presque) jamais plus, et c’est un cas unique. A minima. C’est voulu. Pour que 30 ans, 300 ans après, ses interprètes puissent encore se régaler avec ce superbe répertoire.

Didier Agid


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